Parti de Nuuk à la mi-juillet, Sadik et l’équipage de Hafiz, son Garcia Explocat 52, progressent désormais vers l’ouest en direction du passage du Nord-Ouest. Après avoir remonté la côte occidentale du Groenland et traversé la baie de Baffin, ils ont rejoint l’île Devon, dans l’Arctique canadien.
Les Garcia parcourent les mers du globe depuis plus de 50 ans, jusque dans des lieux où peu sont allés. On pourrait penser que leur skipper sont des marins aguerris, cumulant des milliers de milles nautiques au large — et beaucoup le sont effectivement. Pourtant, il existe aussi ces histoires incroyables d’outsiders : décoiffantes, exaltantes et inspirantes. L’une d’elles est celle du Garcia Exploration 52 baptisé IMPALER, appartenant au skipper néo-zélandais Graham Hunter. Et quelle histoire !
J’ai navigué et guidé pendant quatre saisons au Spitzberg sur notre Garcia 68, je commence à bien connaître ces lieux uniques et fascinants. C’est un territoire qui exige respect et préparation. Voici donc quelques repères pour celles et ceux qui envisagent d'y naviguer.
Souvent perçu comme un matériau exigeant, l’aluminium est en réalité l’un des meilleurs alliés des navigateurs au long cours. Robuste, durable et réparable partout dans le monde, il offre un niveau de sécurité et de fiabilité particulièrement apprécié en grande croisière. Son entretien repose moins sur des interventions complexes que sur une compréhension des mécanismes qui garantissent sa longévité, notamment la maîtrise de la corrosion et du système électrique à bord. Bien conçu et correctement suivi, un voilier en aluminium conserve ainsi ses qualités structurelles pendant plusieurs décennies, faisant de l’entretien un véritable levier de sérénité pour naviguer loin et longtemps.
Garcia Yachts dévoile à Cannes 2025 une nouvelle version de son catamaran aluminium Explocat 52, avec des aménagements repensés et deux options de cockpit adaptées aux différents programmes.
Il arrive un moment où vous devez prendre une grande respiration et apprécier la liberté de lâcher les amarres !
Pour l' Explocat 52 Hafiz, le passage du Nord-Ouest a commencé bien avant les premiers milles parcourus.
À Nuuk, les jours précédant le départ ont été consacrés à la préparation. Équipements vérifiés et adaptés, avitaillement, interventions à bord, réserves de carburant et d’eau : tout devait être prêt pour la route à venir. Vanuily, l’Allures 45 d’Anne et Hugues, est alors également présent à Nuuk. Les deux équipages vont ensuite se retrouver régulièrement au fil de leur progression vers le nord.
Le 15 juillet, Hafiz embarque 1 450 litres de diesel et complète ses réserves d’eau. Yann et Jörg ont déjà rejoint Sadik. Richard doit compléter l’équipage quelques jours plus tard, à Ilulissat.
Hafiz quitte Nuuk le 16 juillet.
Dès les premières étapes, le rythme du voyage se dessine : adapter le programme au vent, choisir les mouillages en fonction des conditions et naviguer avec attention dans des zones où les informations cartographiques demandent parfois à être interprétées avec prudence.
La route remonte les fjords de la côte ouest du Groenland, passe par Kangaamiut et se poursuit vers la baie de Disko. À plusieurs reprises, Hafiz et Vanuily se retrouvent sur la même route ou au même mouillage.
Le 17 juillet, les informations partagées par Vanuily aident notamment Hafiz à préparer l’approche d’un mouillage dans une zone imparfaitement cartographiée. Le lendemain, les deux bateaux naviguent un temps ensemble dans le fjord d’Ammaqqoq avant de poursuivre chacun leur route.
Au fil des jours, l’équipage alterne voile et moteur en fonction de la météo, tout en prenant progressivement ses marques à bord.
Dans la nuit du 20 au 21 juillet, Hafiz franchit pour la première fois le cercle polaire arctique.
Devant lui, la baie de Disko et un environnement de navigation très différent.
À l’approche d’Ilulissat, l’équipage rencontre une concentration croissante de glace provenant de l’Icefjord voisin. Hafiz poursuit d’abord sous voiles, avant que la densité de la glace n’impose de les affaler et de continuer au moteur.
Les heures suivantes sont consacrées à rechercher le meilleur passage entre des zones de glace de densité variable, avec la lumière permanente de l’été arctique pour maintenir une veille visuelle continue.
Après une nuit entière de navigation, Hafiz mouille devant Ilulissat dans la matinée du 21 juillet. Richard rejoint alors le bord. L’équipage est désormais au complet.
Depuis Ilulissat, Hafiz poursuit sa route vers le nord.
Ici, suivre une route préétablie ne suffit pas. Une tentative d’approche du glacier Eqi est par exemple abandonnée après les informations transmises par un autre voilier : la glace bloque le passage. L’équipage modifie donc son programme et adapte sa route.
Les jours suivants alternent mouillages isolés, périodes de calme et quelques opportunités de navigation sous voiles. Peu à peu, l’environnement arctique s’impose dans le quotidien : icebergs, villages isolés et faune rencontrée le long de la côte groenlandaise.
Vanuily reste régulièrement sur une trajectoire proche. Le 26 juillet, les deux équipages se retrouvent au même mouillage. Deux jours plus tard, Anne et Hugues accueillent l’équipage de Hafiz à bord de leur Allures 45 pour le dîner.
Le 29 juillet, Hafiz rejoint Upernavik, où Vanuily est déjà au mouillage.
C’est la dernière escale prévue au Groenland avant la traversée vers l’Arctique canadien. Carburant, provisions et collecte d’informations font une nouvelle fois partie de la préparation.
À ce stade, les chiffres donnent déjà la mesure du parcours accompli : 880 milles nautiques parcourus en 15 jours entre Nuuk et Upernavik.
Les conditions anticycloniques persistantes et les vents faibles ont imposé de nombreux milles au moteur. Environ 150 milles ont été parcourus sous voiles.
La prochaine étape éloigne désormais Hafiz de la côte groenlandaise : la traversée de la baie de Baffin.
Hafiz quitte Upernavik le 31 juillet avec une fenêtre météo favorable.
Une fois au large, des vents de sud permettent d’établir la grand-voile et le gennaker. La vitesse du bateau évolue régulièrement entre 6 et 10 nœuds sur la route vers l’ouest, tandis que les icebergs restent une présence constante dans l’organisation de la veille.
À quatre à bord, l’équipage met en place des quarts individuels de trois heures pour la traversée.
Les conditions changent au cours de la nuit suivante. Un brouillard dense réduit fortement la visibilité. Radar et veille continue deviennent essentiels pour suivre la présence des icebergs et des morceaux de glace qui les entourent.
Malgré cela, Hafiz maintient une bonne progression, avec des vitesses atteignant par moments environ neuf nœuds sous voiles. Pendant cette traversée, Vanuily suit la même route, à quelques dizaines de milles derrière Hafiz.
À l’approche du Canada, le vent finit par faiblir et la dernière partie de la route vers Pond Inlet s’effectue au moteur.
Le 2 août, Hafiz rejoint l’Arctique canadien.
Plus à l’ouest, la situation des glaces reste alors au centre des préoccupations. Si la partie orientale du passage du Nord-Ouest commence à s’ouvrir relativement tôt cette saison, certaines zones plus occidentales restent encore encombrées.
Sadik le souligne clairement dans son carnet de bord : réussir le passage reste à ce stade incertain. La suite dépendra de l’évolution des conditions.
À Pond Inlet, les routes se rejoignent à nouveau. Vanuily arrive dans la nuit du 2 au 3 août et vient s’amarrer à couple de Hafiz. Anne, Hugues et l’équipage de Hafiz partagent une partie de leur escale avant de poursuivre vers l’ouest.
Après deux jours à Pond Inlet, Hafiz reprend sa progression le 4 août.
Le lendemain marque une nouvelle étape géographique importante.
Après avoir traversé Navy Board Inlet, Hafiz rejoint Lancaster Sound. Comme prévu, une brise d’Est s’établit et permet à l’équipage de traverser sous grand-voile et gennaker vers Cuming Inlet, sur l’île Devon. Vanuily progresse également dans Navy Board Inlet ce jour-là.
En fin de journée, Hafiz mouille au fond de l’inlet, entouré de falaises s’élevant directement depuis la mer.
L’équipage reste ensuite quelques jours sur l’île Devon. Un ours polaire est aperçu à proximité du mouillage de Cuming Inlet avant que Hafiz ne progresse d’environ 50 milles vers l’ouest pour rejoindre Burnett Inlet le 8 août. Des bœufs musqués sont également observés sur la côte et autour du mouillage.
À l’arrivée de Hafiz, Vanuily est déjà présent à Burnett Inlet. Leurs routes continuent ainsi de se croiser au fil de cette progression vers l’ouest.
C’est là que s’arrête, à ce jour, la dernière mise à jour publiée par Sadik.
Au 8 août, le projet de l’équipage de Hafiz est de quitter l’île Devon pour poursuivre directement vers Fort Ross et le détroit de Bellot, tout en suivant attentivement l’évolution des glaces dans l’ouest de l’Arctique canadien.
La tentative du passage du Nord-Ouest est pleinement engagée.
Mais à ces latitudes, la progression se mesure moins selon un calendrier qu’au rythme de la prochaine fenêtre météo, du prochain bulletin de glaces et de la prochaine décision.
Nous continuerons à suivre la progression de Hafiz et de son équipage vers l’ouest.
Pour en savoir plus, découvrez le blog de Sadik
Crédits photos : Sadik - propriétaire de Hafiz.
Pensé pour les navigations les plus ambitieuses, le Garcia Exploration 60 incarne tout le savoir-faire de Garcia Yachts en matière de grande croisière et d'expédition. Sa coque en aluminium, son dériveur intégral, son cockpit protégé et son architecture conçue autour de la sécurité et de l'autonomie en font un voilier capable d'accompagner des programmes exigeants, des hautes latitudes aux mouillages tropicaux. L'ensemble du bateau a été développé selon une approche globale où robustesse, confort de vie à bord, facilité de manœuvre et maîtrise des risques participent à une même ambition : vous permettre d'aller plus loin, avec davantage de sérénité et de capacité.
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Dans une nouvelle vidéo disponible sur notre chaîne YouTube, le navigateur britannique Pete Goss partage son regard d'homme de mer sur ce qui fait l'ADN de la gamme Garcia Exploration, de l'Exploration 45 à l'Exploration 60. À bord d'un Exploration 52, il revient sur les choix de conception qui font la réputation de ces voiliers : construction aluminium, dériveur intégral, sécurité "by design", confort de vie à bord, performance durable et facilité de navigation en équipage réduit.
Plus qu'une présentation technique, cette vidéo illustre une philosophie : concevoir des voiliers qui permettent d'aller plus loin, plus sereinement, et de profiter pleinement du voyage, quelles que soient les conditions.
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